Historique

L’idée d’une maison de santé dans le canton d’Aulnay est lancée par la Région en 2004. Sur la base des études cartographiques de l’URCAM, le canton est qualifié de zone fragile concernant la démographie en professionnels de santé. La Région se saisit de ce constat et organise une première rencontre locale en décembre 2004. Il s’agit de réfléchir aux solutions pour :
- Lutter contre la menace de désertification médicale et paramédicale et ses conséquences en termes d’attractivité du territoire
- Et offrir un meilleur service aux personnes de plus de 60 ans qui représentent plus du tiers de la population.
Autour de la table se tiennent la quasi-totalité des professionnels de santé du canton, les principaux élus (maires d’Aulnay et de Néré, Président de la Communauté de communes, représentant du Pays des vals de Saintonge), le sous-préfet de Saint Jean d’Angély, l’ARH, l’URCAM, la MSA de Charente-Maritime et l’ARCMSA[1].
Les participants s’accordent pour travailler ensemble dans le but d’améliorer l’accès à la prévention et aux soins. Ils retiennent deux pistes : celle d’une maison de santé à même de favoriser la venue d’un médecin généraliste et celle d’un travail en réseau entre professionnels de la santé et du social. La Région est prête à soutenir financièrement un projet de maison de santé à la condition que les professionnels de santé améliore le maintien à domicile et le retour d’hospitalisation et que les médecins deviennent généralistes enseignants. L’idée de la coordination entre professionnels les intéresse. Les réunions suivantes aboutissent à la constitution d’un comité de pilotage pour mener à bien le projet de réseau et de maison / pôle de santé. Il est composé de professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmières), d’élus (maires d’Aulnay et de Néré, présidents de la Communauté de communes et du Pays des vals de Saintonge), du directeur de l’hôpital de Saint-Jean-d’Angély, de l’ARCMSA, du directeur de la MSA et d’un représentant du Conseil régional. Ce temps constitue une première occasion pour les professionnels de discuter des problèmes et des manques auxquels les uns et les autres sont confrontés dans leur exercice. C’est le début de la dynamique d’acteurs.

Au fil du temps, l’idée de maison de santé fait son chemin. Les professionnels en mesurent mieux les avantages : mise à disposition de locaux neufs, proches de services sociaux et médicosociaux et disposant de parkings, local disponible permettant l’installation d’un nouveau médecin, accueil d’étudiants. Les élus de leur côté ont besoin de locaux plus appropriés pour leurs services. En revanche, ils demandent que la maison de santé soit bipolaire : le canton est étendu, ils ne souhaitent pas « léser » les habitants d’une commune et entendent respecter la distribution de l’offre existante. Par ailleurs, la Région souhaite que le projet aboutisse.

En 2006, une opportunité permet au projet de maison de santé de démarrer. Le médecin le plus âgé de Néré qui est propriétaire de son cabinet avec un ex associé, souhaite vendre ses locaux dans la perspective de sa retraite. La Communauté de communes achète alors le cabinet dans l’objectif de l’agrandir pour y installer le pôle de Néré de la maison de santé. Des travaux sont réalisés et le pôle de Néré ouvre en en mai 2008. Y exercent les deux médecins de Néré et une infirmière. Le kinésithérapeute est mitoyen et le dentiste exerce à 200 mètres.
De façon concomitante, la situation évolue à Aulnay, 2 médecins associés, locataires de leur cabinet, acceptent de devenir maître de stage, condition nécessaire pour le soutien de la Région. Le projet immobilier du Pôle d’Aulnay de la maison de santé est lancé en 2007. Les locaux ouvrent en mai 2009. Un terrain adjacent est réservé pour la construction d’une extension où des professionnels désirant être propriétaires pourront s’installer. En effet, plusieurs professionnels d’Aulnay n’ont aucun intérêt à devenir locataires de la maison de santé, ils ont investi dans leur cabinet et n’ont pas suffisamment de moyens pour réaliser de nouveaux investissements. En revanche, certains d’entre eux (3 infirmiers, 2 kinésithérapeutes, 1 orthophoniste, 1 psychologue) qui exercent déjà dans les mêmes locaux envisagent de rejoindre la maison de santé en tant que propriétaire dès 2012 et pourraient être rejoints par les 2 autres médecins de la commune.
Nous sommes donc sur un modèle de maison de santé avec une tranche des professionnels de santé occupants, et sur un modèle de pôle de santé avec des PS souhaitant s’impliquer dans le projet de santé mais non occupants (pour le moment) de la maison de santé.